Découvrez le témoignage de Corentin Fohlen, photographe de l’exposition.



« Je voudrais que le public prenne conscience en profondeur de la manière dont la guerre peut marquer une génération, un peuple, l’Humanité toute entière finalement. « 

Découvrez le témoignage de Corentin Fohlen, photographe de l’exposition.

© Corentin Fohlen pour ASMAE. LIBAN. 19 octobre 2016. Portrait d'enfant syriens refugies au Liban, pris en charge par l'association ALPHA, soutenue par ASMAE-association Soeur Emmanuelle. # Abdallah, 11 ans, arrivé du gouvernorat de Raqqa il y a 7 mois.
© Corentin Fohlen pour ASMAE. LIBAN. 19 octobre 2016. Portrait d’enfant syriens refugies au Liban, pris en charge par l’association ALPHA, soutenue par ASMAE-association Soeur Emmanuelle. # Abdallah, 11 ans, arrivé du gouvernorat de Raqqa il y a 7 mois.

 

Lorsque Asmae m’a commandé ce reportage sur leurs actions au Liban, dans le cadre d’un projet d’ exposition à Paris, j’ai voulu sortir de la simple photo de communication « classique » d’enfants pris en charge par une ONG. Je souhaitais mettre en valeur non pas forcément le travail de l’ONG, mais plutôt les bénéficiaires.

Pour cela j’ai voulu installer un studio photo éphémère au sein de deux écoles dans le sud du Liban. Chaque enfant passant devant un tissu gris, un flash déporté à quelques centimètres de leur visage.

 Une fois de plus je n’ai pas non plus voulu tomber dans l’énième cliché de l’enfant réfugié: soit souriant, soit larmoyant. Ayant l’habitude des terrains de conflits ou de situation de drames humanitaires, il est toujours difficile de sortir de ces deux poncifs. Par expérience les enfants qui ont subi les pires conditions de vie sont étonnamment les plus souriants, ceux qui dégagent le plus d’humanité. Il en va de même pour leurs parents. Le sourire n’est bien sur qu’une façade, et pour moi il cache souvent bien autre chose, plus complexe. 

Pour exprimer cette complexité, j’ai délibérément fait poser les enfants avec gravité.

Dès qu’ils entraient dans le studio, j’agissais comme avec des adultes. J’ai d’ailleurs cherché à les faire poser comme des adultes. Il ne s’agissait ni de poser avec insouciance, ni de sourire comme on apprend à sourire aux enfants. Sans non plus tomber dans le pathos, il s’agissait de faire passer les expériences éprouvantes qu’ils avaient du surmonter. L’enfant ne comprend pas forcément ce qu’il vit, mais il l’enregistre et l’enfouit au fond de lui.

Par le cérémonial de la mise en scène du studio, du matériel, l’enfant était vite plongé dans une attitude grave sans être tragique. 

Ces enfants ont très certainement grandi plus rapidement que la moyenne. Ils portent en eux les stigmates de la guerre. Je voudrais que le public prenne conscience en profondeur de la manière dont la guerre peut marquer une génération, un peuple, l’Humanité toute entière finalement. 

 


Pour avoir des photos exclusives, rendez-vous sur le site web www.refugiésderrierelescliches.com