- Premières interventions : 1986
- 1 association locale partenaire
- Pas de chantiers ni de missions professionnelles
- Zone d’intervention : Khartoum
- Education : scolaire et insertion professionnelle
- Santé primaire
Le 11 janvier 2005, la signature des accords de Nairobi a permis de mettre fin au conflit du Sud-Soudan, l’un des plus longs et meurtriers du continent africain, qui a coûté la vie à 2 millions de personnes et provoqué de nombreux déplacements.
Au Soudan cette guerre a laissé la population livrée à elle-même et les enfants en furent les premières victimes. Dans les rues de Khartoum, de nombreux enfants, abandonnés ou orphelins, erraient sans logement ni nourriture, voués à un bien triste avenir…
Sœur Emmanuelle avait été l’une des premières à alerter l’opinion publique sur cette situation : en 1986, grâce à son interpellation, les autorités françaises et européennes ont débloqué une aide d’urgence.
A cette époque, Asmae noue un partenariat avec la Société Saint Vincent de Paul, qui gère des foyers pour les enfants déplacés, et leur offre une scolarisation ainsi qu’une formation professionnelle. Cette association est ouverte à tous sans aucune discrimination et accueille dans ses structures des enfants de toutes confessions.
Nous avons toujours continué à soutenir cette association, une des seules présentes sur le terrain des déplacés du Sud-Soudan, tandis que la plupart s’intéressent exclusivement au Darfour. Ses actions répondent à un besoin immense, qui devrait encore persister pendant une bonne dizaine d’années.
En effet, le problème politique est en voie d’être réglé (les accords prévoient un referendum d’autodétermination du Sud en 2011), mais le problème humain demeure et la situation désastreuse des déplacés n’a pas progressé.
Il y a encore deux millions de personnes de cette vague de déplacés qui sont dans l’attente de retourner chez eux dans le Sud, et qui habitent le plus souvent dans les faubourgs de Khartoum, dans des zones immenses et insalubres.
Nous n’avons pas de coordinateur au Soudan, notamment pour raisons de difficultés diplomatiques (obtention de visa).
NOS INTERVENTIONS :
N.B. Le descriptif de nos actions avec notre partenaire n'est pas exhaustif. Par ailleurs, les projets du partenaire sur lesquels nous n'intervenons pas ne sont pas présentés.
Asmae soutient depuis plus de vingt ans le programme « Enfants du Nil » de la Société Saint Vincent de Paul, dont bénéficient environ 500 enfants qui, soit qu’ils aient perdu leur famille lors d’une migration, suite à une famine, ou à cause d’actes de guerre, sont abandonnés à la rue.
Ainsi, l’association a créé un réseau de Foyers pour accueillir ces enfants chez des couples de parents eux-mêmes réfugiés du Sud. Il existe aujourd’hui 4 foyers. Chaque couple prend en charge en moyenne quinze enfants, et les élève avec leurs propres fils et filles. Cette activité leur procure une ressource, un travail et un logement décent.
Cette prise en charge inscrit les enfants dans une scolarisation suivie, que ce soit dans les écoles de branchages installées dans les camps (on compte aujourd’hui encore une trentaine de ces « rakoubas ») ou, de plus en plus, dans les écoles gouvernementales (islamiques).
Alors que les filles restent dans les foyers tout au long de leur scolarité, jusqu’à leur majorité, côté garçons, après le primaire, soit vers 11/12 ans, ils sont répartis dans des structures, appelées « Fermes », où ils continuent leur scolarité et reçoivent une formation professionnelle.
Ainsi, 3 « Fermes » sont soutenues par Asmae, dont une qui a été entièrement reconstruite en 2008.
L’apprentissage délivré dans les Fermes est notamment dirigé vers l’agriculture et l’élevage, ce qui suppose des unités assez lourdes. Par ailleurs d’autres métiers sont enseignés lors d'ateliers professionnels : formation de tailleur, de menuisier, d'électricien…
Asmae finance 50% du fonctionnement des Fermes (entretien, salaire des cadres éducatifs, nourriture, frais de scolarisation, d’habillement pour foyers et fermes …). Ensuite, grâce à la vente des denrées alimentaires, des habits, du mobilier produits par les jeunes, les fermes sont génératrices de ressources qui bénéficient aussi aux Foyers.
Parmi les "enfants du Nil" passés par le programme, environ 300 sont diplômés de l’université, sans compter ceux qui sont encore actuellement sur les bancs de la fac.
Des jeunes filles sont même reconnues comme médecins. Et tous les cadres de l’association Société Saint Vincent de Paul sont issus des foyers et des fermes.
Crédit photo : Raphaëlle Michon