Chiffres clés

1995

Date d'implantation dans le pays

6

partenaires

9

projets accompagnés

7273

bénéficiaires directs

Contexte

 

Le Burkina Faso est un pays sahélien enclavé, situé en Afrique occidentale dans la boucle du Niger. Le Burkina Faso compte parmi les pays les plus pauvres de la planète. Il présente les indicateurs sociaux parmi les moins optimistes d’Afrique. La pauvreté s’inscrit d’abord dans un contexte de manque criant dans le domaine des besoins essentiels. La majorité de la population souffre encore de ne pas disposer en quantité et en qualité suffisante de nourriture, d’eau, de soins de santé élémentaire et d’accès à l’éducation. La majorité des burkinabè vivent dans un contexte de survie journalière. Cependant, le Burkina Faso a posé les bases de démocratisation et a relancé sa croissance économique. C’est donc un pays qui progresse « en bien ».

Sa population est jeune puisque 45.5% de la population a moins de 15 ans. Cette démographie galopante aboutit au doublement de la population à chaque génération et entrave sérieusement l’impact des initiatives (surtout dans les secteurs de l’éducation et de la santé) pour réduire la pauvreté et promouvoir le développement humain. L’espérance de vie est de 56[1] ans pour l’ensemble de la population. Comparée à une espérance de vie de 48 ans il y a vingt ans, cela montre les progrès accomplis dans tous les domaines des besoins primaires.

Au Burkina Faso,  la prise en charge de la petite enfance et des enfants d’âge préscolaire est très limitée.

En effet, il n’existe que quelques crèches à Ouagadougou, toutes privées, dont le coût est tel que seul un public favorisé peut y avoir accès. Très souvent les mères actives se retrouvent obligées d’emmener leur bébé sur leur lieu de travail. Quand l’enfant est sevré (entre 18 mois et 2 ans), il reste à la maison, surveillé par une grand-mère ou une jeune fille domestique, ou par l’un de ses très jeunes frères et sœurs (souvent âgé d’à peine 5 ans), ce qui peut mettre l’enfant en situation de vulnérabilité et d’insécurité.

Par ailleurs, il est aujourd’hui  reconnu que l’éducation préscolaire, pour les enfants de 3 à 6 ans, joue un rôle essentiel dans l’épanouissement intégral de l’enfant. Il prépare à l’enseignement primaire tout en favorisant la réussite scolaire. Au Burkina Faso, le taux de scolarisation en préscolaire est très faible (4% alors que la moyenne africaine est de 17%) et la préscolarisation fait face à plusieurs enjeux dont le besoin de formalisation et d’harmonisation des pratiques et méthodes pédagogiques, notamment pour les activités liées au langage et à la lecture. De plus, les centres d’éducation préscolaires sont essentiellement concentrés en milieu urbain. Enfin, dans le domaine de la petite enfance, l’inclusion des enfants en situation de handicap reste une préoccupation très marginale malgré des besoins importants. L’offre préscolaire inclusive est faible et les acteurs sont peu nombreux et peu outillés.

De plus, même si depuis 2007 l’école est gratuite au Burkina-Faso pour les enfants de 6 à 16 ans, l’accès et le maintien des enfants à l’école restent des défis à relever. En 2012/2013, le taux brut de scolarisation atteint 81,3 % à l’échelle nationale (81,6 % pour les garçons et 81% pour les filles). En effet, l’accès à l’éducation au primaire reste une grande difficulté pour les burkinabè de par le manque d’écoles dans certaines zones rurales. Le manque de moyens financiers peut également représenter un frein à l’accès à l’école. Même si les frais d’inscription n’existent plus dans les écoles primaires publiques, il faut payer les frais de l’association des parents d’élèves qui participe au fonctionnement de l’école, ainsi que les fournitures scolaires et l’uniforme. La disparité est également forte entre le milieu urbain et le milieu rural. Ainsi, si le taux de scolarisation en primaire en milieu urbain atteint 90,9%, il descend à 39,7% en milieu rural (35,5% pour les filles). L’éloignement de l’institution scolaire par rapport à l’habitat de l’enfant,  le manque d’infrastructure, la qualité très variable de l’enseignement et les frais de scolarité  expliquent que le taux brut de scolarisation varie entre les ménages pauvres (18,7%) et ceux plus aisés (60,3%).

Enfin, au post-primaire et au secondaire (collège et lycée), les taux bruts d’admission sont respectivement de 38,6 % et de 16,59 % en 2012-2013. Ceci signifie qu’un peu plus de 38 enfants sur 100 en âge d’être scolarisés en 6ème ont pu y avoir accès et que seuls 17 adolescents sur 100 étaient scolarisés en première année du secondaire en 2012/2013. De plus, les établissements de l’enseignement supérieur, majoritairement privés et situés exclusivement en zone urbaine, sont seulement accessibles à la couche moyenne et aisée de la population. La région du Centre, où est située la capitale Ouagadougou, est la région où le taux brut de scolarisation au secondaire est le plus élevé. La situation de scolarisation des adolescents au Burkina Faso reste encore marquée par une forte disparité entre filles et garçons : la situation en 2013-2014 montrait des écarts non négligeables entre filles et garçons dans la couverture scolaire. De plus, plusieurs facteurs entrent en jeu dans l’abandon, le décrochage et l’échec scolaire au collège et lycée dont ceux liés aux vulnérabilités auxquelles sont exposés les adolescents.  En effet, nous observons de nombreuses pratiques renforçant la vulnérabilité des adolescents, dont la sexualité précoce avec de plus en plus de grossesses précoces, (l’indice synthétique de fécondité est de 5,4 chez les adolescentes âgées de 15-19 ans), la consommation de stupéfiants et la montée de l’incivisme et des violences faites aux filles dans le milieu scolaire.

[1] PNUD – 2013

 

Intervention d'Asmae

 

Asmae appuie aujourd’hui techniquement et financièrement 6 partenaires dont 4 sont situées à Ouagadougou, 1 à Ouahigouya et 1 dans le Koulpélogo.

9 projets sont aujourd’hui mis en œuvre en faveur des enfants dans 3 domaines.

Dans le domaine de la protection et l’éducation de la petite enfance, Asmae appuie trois préscolaires dont deux inclusifs ; le premier préscolaire inclusif adresse spécifiquement les enfants ayant des déficiences visuelles (et troubles associés) et le second préscolaire inclusif accueille des enfants aux handicaps variés, le troisième préscolaire accueille quant à lui des enfants issus de familles défavorisées. Asmae permet ainsi à près de 300 enfants d’avoir accès à la préscolarisation, qui offre un espace d’apprentissage et de jeux sécurisé et favorise ainsi leur plein épanouissement. L’inclusion étant un axe transversal des thématiques prioritaires d’Asmae au Burkina Faso, le travail en ce sens se poursuivra vers plus de qualité dans al dimension inclusive des préscolaires accompagnés (outil, formation des intervenants, accessibilité) avec les partenaires actuels intervenant dans le domaine préscolaire

Asmae mène également des actions dans le domaine de la prévention de la déscolarisation et de l’échec scolaire à travers des projets de soutien scolaire et d’expérimentation d’outils pédagogiques innovants favorisant l’apprentissage du langage et de la lecture ; le goût et le plaisir de lire étant des facteurs de réussite scolaire.

Enfin, Asmae intervient dans le domaine de l’accompagnement de l’adolescent en appuyant des associations qui mettent en place des clubs adolescents, des groupes d’écoute et les accompagnent dans leur projet professionnel. Ces clubs offrent aux adolescents des espaces de dialogue et de soutien entre pairs et/ou avec des référents leur permettant de faire face aux différentes vulnérabilités rencontrées lors de cette période cruciale qu’est l’adolescence.

 

Les partenaires et les projets du Burkina Faso

Ouagadougou
Ouahigouya
Ouargaye

Trois règles de base commandent l'action : approcher les besoins de façon pragmatique en s'appuyant sur un partenariat local, viser l'autonomie et éviter l'assistanat.

Sœur Emmanuelle