BURKINA FASO : UNE ÉCOLE POUR MALVOYANTS AUX RÉSULTATS VISIBLES

27 juin 2017

Au Burkina Faso, les enfants aveugles et malvoyants, ont un accès difficile à l’éducation. Grâce au soutien de nos donateurs et à la coopération américaine (USAID), Asmae appuie depuis 2015 l’unique école qui les accueille. Shereen Berrahma, chargée de projet mandatée par Asmae, fait le point de ce beau projet et sur la situation de l’éducation dans ce pays.

Shereen B - Chargé de projet Asmae et Elisabeth, une des fées des livres d’ICCV.
Shereen B – Chargée de projet Asmae et Elisabeth, une des fées des livres d’ICCV.


Quelles sont les problématiques de la scolarisation des enfants au Burkina, et en particulier celles des enfants aveugles et malvoyants ?

Malgré la progression du nombre d’enfants scolarisés et la couverture du territoire en infrastructures, l’abandon scolaire, la scolarisation de la petite enfance et des groupes d’enfants dits vulnérables – tels que les filles et les enfants en situation de handicap – représentent les principaux défis de la scolarisation des enfants au Burkina Faso.

Même s’il n’existe aujourd’hui aucune statistique sur la scolarisation des enfants en situation de handicap, la stigmatisation dont ces enfants sont victimes, couplée aux difficultés du système éducatif « classique » à les prendre en charge, témoignent d’une réalité où beaucoup de ces enfants n’ont pas accès à l’école.

 

En quoi consiste le projet d’Asmae et de l’USAID ?

En 2015, Asmae et son partenaire l’UN-ABPAM (Union Nationale des Associations Burkinabè pour la promotion des Personnes Aveugles et Malvoyantes) ont reçu un financement de la coopération américaine, l’USAID, pour la mise en œuvre d’un projet de promotion de l’éducation inclusive des enfants au Burkina Faso, sur une période de deux ans.

L’objectif du projet est de favoriser l’accès à l’école des enfants aveugles et malvoyants en soutenant le fonctionnement de l’École des Jeunes Aveugles (EJA) de l’UN-ABPAM d’une part et l’ouverture d’un préscolaire inclusif d’autre part. À noter qu’il s’agit de l’unique préscolaire accueillant des enfants aveugles ou malvoyants et des enfants sans handicap au sein d’une même classe. Là résident l’originalité et la pertinence de ce projet : l’ouverture de cette classe préscolaire inclusive s’attaque à ces deux problématiques que sont la préscolarisation des enfants et l’accès à l’éducation des enfants porteurs d’un handicap visuel.

 

Au bout de 2 ans, quels sont les impacts et les résultats de cet accompagnement ?

Ce projet a permis aux enfants scolarisés à l’EJA de bénéficier d’un environnement scolaire de qualité : prise en charge de la cantine et dépenses d’hygiène ainsi que des dépenses médicales des enfants. Il ne faut pas oublier qu’au Burkina Faso, un certain nombre d’enfants viennent à l’école le ventre vide. Aussi, l’ouverture de la classe préscolaire inclusive, première du genre dans le pays, a permis à vingt-deux enfants, porteurs de handicap visuel ou non et âgés de 3 à 5 ans, d’apprendre et grandir ensemble.

Quant à l’accompagnement Conseiller Technique d’Asmae, la mobilisation d’un conseiller en éducation inclusive a permis la montée en compétences des monitrices responsables de la tenue de la classe préscolaire, mais aussi la sensibilisation à la question de l’inclusion de l’ensemble des professionnels de l’EJA.

Enfin, l’UN-ABPAM a vu ses compétences renforcées en matière de gestions opérationnelle, administrative et financière, et ce grâce à l’accompagnement quotidien de l’équipe Asmae au Burkina Faso.

Quelle est la suite de ce projet ?

Forte de l’expérience du préscolaire, l’EJA souhaite aujourd’hui étendre le principe d’inclusion à l’ensemble de ses classes primaires. Le préscolaire ouvrira ses portes pour une troisième année scolaire dès la rentrée 2017.

*Pour aller plus loin, découvrez le reportage de Burkina 24, journal Burkinabè.